



Le système de pensée chinois est bien différent du nôtre,
en Occident.
Il est dit que le langage en lui-même structure nos fonctions neuronales,
notre logique d’interprétation. A la lecture de nos systèmes
d’écriture respectifs, nous comprenons que nous ne fonctionnons pas
de la même manière.
Si nous avons recours en Occident à une méthode analytique pour
décrypter notre alphabet, les Chinois ont une vision globale dans leur
appréhension des caractères.
Nous faisons appel à notre cerveau gauche, analytique, de traitement fractionné et linéaire, eux utilisent davantage leur cerveau droit, systémique, lié à la perception de l’espace et la reconnaissance des formes.
Cet apprentissage de l’écriture a modelé des approches du monde sensiblement différentes. Ce qui rend par exemple difficile pour nous la compréhension d’associations d’idées, très communes en Chine, et que l’on trouve en nombre dans le Dao De Jing de Lao Tse. Le concept de la plénitude du vide en est un exemple lumineux.
Ce postulat de départ s’inscrit dans une démarche globale de la vision du monde chez les Chinois.
La philosophie taoïste ne sépare pas, elle considère l’univers
comme un tout, microcosme et macrocosme sont intimement reliés et dans
un perpétuel mouvement.
Le Yi Jing est un texte fondateur de cette philosophie. Il présente cette
approche du monde en développant les chances dont l’Homme dispose
pour parvenir à un équilibre interne en lien avec l’externe.
Loin d’être en résistance et en opposition avec l’univers, l’Homme doit parvenir à s’adapter à son environnement et non pas le contraire… et ceci dans le respect des rythmes de la nature.
De cette philosophie découle les disciplines taoïstes inhérentes à tous les domaines d’application telles que la Médecine Traditionnelle Chinoise pour la santé et le Feng Shui pour l’étude de l’environnement et son influence spatio-temporelle sur les individus.

Et ce principe n’est pas figé mais il exprime le mouvement et le
changement continu qui fait évoluer le Yin en Yang puis le Yang en Yin,
dans le respect d’un juste équilibre.
Chaque chose commence par naître, puis connaît une phase de croissance
pour finalement décroître. Il y a là l’idée de
transformation perpétuelle, tout n’est que mouvement.
Le jour se lève avec le soleil qui apparaît pour atteindre le zénith
au milieu de la journée, puis diminue en intensité et finit par
disparaître pour laisser place à la nuit. Cycle sans fin.
Le symbole du Tai Ji – ou Grand Extrême, soit l’univers - représente cette dualité. Elle doit être vue à l’échelle de l’univers comme à celle de la plus infime cellule de matière, l’interdépendance se démultipliant à l’infini.
Dans le Yi Jing, le Yin et le Yang sont codifiés pour former 8 combinaisons de base appelées trigrammes ou Gua. Ces 8 trigrammes, Ba Gua, représentent les forces essentielles dans l’univers qui sont le cycle de la vie :

Au commencement, le tonnerre ou l’éveil, associé
au printemps, à la naissance
> le vent ou le doux, qui suit et aide à la croissance
> le feu, ce qui s’attache, associé à l’été,
à la lumière, où la nature éclot
> la terre, le réceptif, le temps de la maturation
> le marais, le joyeux, associé à l’automne, ou l’époque
des récoltes
> le ciel, le créateur, le temps du jugement
> l’eau, l’insondable, associé à l’hiver, la
descente, la période où l’on engrange
> la montagne, l’immobilisation, la retraite, le germe d’un nouveau
commencement
Ces 8 trigrammes se combinent entre eux pour en former 64 au total, lesquels permettent d’après leurs analogies d’interpréter le monde, de définir toute chose.
Yi Jing et informatique…
On remarque que ce système de codage est en tout point bien semblable à
notre système informatique : système binaire de traits continus
et discontinus pour des 0 et des 1, organisation de base autour des 8 trigrammes
pour la base de l’octet.
Se serait on inspiré du système Ba Gua pour créer notre arithmétique
binaire moderne ?
Le philosophe et scientifique allemand Gottfried Leibniz avait développé
ce rapprochement en 1703, sans savoir alors qu’en faire si ce n’est
reconnaître « une beauté essentielle »… dans un
article intitulé Explication de l’arithmétique binaire dans
le Compte Rendu de l’Académie des Sciences (Paris).

Le Qi est aussi cette force qui nous relie à l’univers, comme un
souffle commun à toute chose créant une unité.
Le Qi est donc toujours en mouvement. Et toutes les techniques taoïstes ont
pour objectif la prise de conscience de cette énergie qui nous habite et
nous entoure et son harmonisation, que ce soit dans notre corps ou dans son prolongement,
les lieux que nous habitons.
Le principe 1er du Feng Shui est de rassembler le Qi.
Le Qi est véhiculé de la manière la plus évidente
par le vent et par l’eau : quelle manifestation plus flagrante de sa présence
qu’un cours d’eau vive ou qu’une rafale ?
On dit que la montagne dirige le Qi et que celui-ci est accumulé ou redirigé
par l’eau.
Toutefois le Qi peut être bénéfique (Sheng Qi) comme il peut
être néfaste (Sha Qi). Cela dépend des formes du paysage qui
le dirigent et de l’orientation qu’il peut prendre au sein d’une
configuration particulière.

Les 5 éléments sont le Bois, le Feu, la Terre, le Métal et l’Eau.
Au-delà des éléments eux mêmes, on s’attache
à leurs caractéristiques, à leurs propriétés
: c’est pourquoi on les appelle les 5 mouvements… les 5 mouvements
dans la nature associés au cycle de la vie, au cycle du Yin et du Yang…
les 5 transformations du Qi.
L’élément en lui-même devient symbolique, même
si, nous le verrons, le Feng Shui utilise la matière, la couleur, la forme.
Il s’agit d’analyser les comportements du Qi selon sa propriété et d’étudier l’interaction de Qi de types différents en suivant les cycles d’engendrement ou de contrôle.
L’objectif est une fois encore d’établir une harmonie entre les forces en présence.

Analogies des 5 éléments utilisées pour la décoration en cohérence avec les énergies présentes
La Terre
Forme : carré
Couleur : jaune, beige, liée à la concentration, à la réflexion
Le Métal
Forme : ronde
Couleur : blanc, argenté, doré, liée à l’acceptation, au lâcher prise
L’Eau
Forme : ondulée
Couleur : noir, bleu foncé liée au courage, à la vigilance
Le Bois
Forme : rectangulaire
Couleur : vert, bleu clair, liée à la croissance, à la souplesse,
à la tolérance
Le Feu
Forme : triangulaire
Couleur : rouge, orange, violet, liée à la joie, l’ouverture,
le partage, la spiritualité